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Classiques maudits!

  • Carmilla (1872)

    La fin de cette randonnée nous a donc entraîné(e)s vers un cimetière de campagne, isolé. Au détour d'une allée, je me penche pour lire une inscription. "Ci-gît"... Carmilla! C'est la 4ème étape de notre randonnée.

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    Joseph Sheridan Le Fanu

    Le Livre de Poche, Collection Libretti 2€, 2004 pour la présente édition

    Que découvre-t-on dans cette nouvelle?

    Un château éloigné occupé par un père, sa fille et quelques proches, un mal étrange qui s'empare des jeunes filles et les tue, une mystérieuse invitée...

    Pour commencer, l'ambiance est très réussie avec cette sensation d'isolement bien pesante, ce village abandonné dont on ne sait rien au départ, la proximité de la forêt. Le fait que ce soit une zone presque inhabitée n'est pas très rassurante. Pourtant je n'ai pas trouvé cette lecture très effrayante, j'avais même déjà un peu imaginé ce qui allait se produire, certains signes ne trompent pas une chasseuse de vampires expérimentée!

    Le style est assez fluide, la lecture agréable, j'ai découvert avec beaucoup de plaisir cette histoire de vampire, ayant été écrite avant Dracula de Bram Stoker.

    Laura, jeune fille plutôt solitaire, nous raconte donc sa rencontre avec l'intrigante Carmilla, véritable beauté empoisonnée.
    Concernant la relation un peu ambigüe entre les deux jeunes femmes, je dois dire que je la vois uniquement comme un moyen de séduction vampirique pour mieux attirer sa proie. Toute résistance étant impossible face à cette attraction démoniaque.

    [...] les scènes que je viens de décrire sont aussi nettes dans ma mémoire que les images isolées d'une fantasmagorie entourée de ténèbres. p32

    Je n'ai donc pas été spécialement surprise par les sentiments d'amour évoqués, par cette amitié excessive et dérangeante, liée à notre héroïne seule, un peu romanesque sous l'emprise de cette invitée et de sa nature diabolique.
    Il s'agirait d'une "métaphore implacable de l’amour interdit" voir résumé LLdP, il n'y a quand même pas de quoi échauffer les esprits. Une certaine sensualité se dégage de ce récit mais ça ne va pas beaucoup plus loin.

    Cette nouvelle est courte, efficace grâce à son atmosphère et intéressante à découvrir si vous aimez les histoires de vampires à l'ancienne.

    Je n'ai qu'une envie: quitter rapidement cet endroit au cas où Carmilla reviendrait me chercher. Après tout, elle ne séduit que les jeunes femmes, j'ai peut-être de bonnes raisons de m'inquiéter.

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    Lou & Hilde

  • Northanger Abbey

    Ce livre est un classique abrégé pour jeunes lecteurs. Je l'ai choisi pour le plaisir de la découverte, ne connaissant pas ce roman de Jane Austen.

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    Jane Austen
    Flammarion, 2015

    Catherine Morland est une héroïne attachante, malgré son esprit romanesque. Toute une gamme d'émotions la traversent tout au long du roman: espoirs, craintes, envies, joies, frustrations. Jane Austen nous décrit ses états d'âme, avec une grande finesse.

    Le hasard fait bien les choses, à Bath, elle fait la connaissance d'un jeune homme: Henry Tilney, dont elle semble apprécier la compagnie. Peu à peu, elle se rapproche de sa famille.
    Catherine se lie également d'amitié avec Isabella Thorpe. Malheureusement, toutes les relations ne sont pas forcément destinées à durer. Question d'intuitions et de sentiments.

    Je n'ai peut-être pas éprouvé autant de plaisir à la lecture qu'avec Orgueil & Préjugés, cependant, j'ai passé un bon moment à Bath, puis à l'abbaye de Northanger, à suivre l'évolution des relations de la jeune femme. J'ai également apprécié le petit clin d’œil aux romans gothiques, avec Les Mystères d'Udolphe, cité à plusieurs reprises et qui semble influencer profondément l'affect de Catherine.

    Ce roman abrégé devrait permettre aux plus jeunes de découvrir Jane Austen et son écriture vraiment unique.

    Je vais essayer de le proposer à ma nièce de onze ans et tenter ensuite de recueillir ses impressions. En ce qui me concerne, c'est la version intégrale qui m'attend maintenant.

    Un grand merci à Brigitte Gautrand et aux éditions Flammarion qui m'ont permis de découvrir ce titre.

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      A Year in England chez Titine

  • Les classiques et moi

    Le pays des classiques est un territoire qui m'est presque inconnu pour une raison simple: A force de me rabâcher que ce que je lisais ne m'apportait rien, et que seuls les classiques comptaient et bien je les ai exclus de mes lectures, à quelques exceptions près. 

    Je suis restée bloquée pendant de nombreuses années, me contentant de lire les ouvrages donnés en classe et dévorant tout autre chose, dés que j'avais le choix. C'est bête quand j'y pense mais vouloir forcer un(e) ado à lire, c'est la chose à ne pas faire.

    Je les redécouvre progressivement et j’essaye de briser certaines réticences encore bien vivaces.

    Enfin, dernier point, je tenais quand même à parler de Marguerite Duras car c’est peut-être elle qui m’a réconciliée avec une certaine forme de littérature. Je lui dois fièrement mon 14 à l’oral du bac de français avec Moderato Cantabile.

    Petite pensée pour mon prof de français qui n'y croyait pas, avec son mur infranchissable. Petite satisfaction personnelle et retour de la confiance.